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  • Une famille bretonne pendant la guerre de 14-18

    A

    oût 1914. Mobilisation générale. Félix, un paysan breton a été obligé d’abandonner sa ferme. Il écrit une première lettre à sa femme. Elle sera suivie de beaucoup d’autres dans les cinq ans qui vont venir.

    Ma chère femme,
    Mon bataillon est cantonné à Port-Louis dans la forteresse. Il n’y a pas grand-chose à manger alors on boit du vin rouge donné à volonté. Moi je n’en bois pas de trop. Je préférerais du pain et du cidre de chez nous. Nous avons reçu notre uniforme avec le pantalon et le képi rouges, la capote bleue, les brodequins avec les jambières qui me serrent les mollets. Plusieurs ont dit que c’était un uniforme pour la parade et que nous en aurions un autre après, moi je ne pense pas.
    Nous avons reçu notre fusil. J’avais le même il y a quinze ans au service militaire.
    Il y a des bruits comme quoi nous partirions pour Brest ou Paris. Ce ne sont toujours que des rumeurs comme celles qui circulaient pendant le service. Je n’y fais pas attention, on verra bien.
    Mon esprit n’est pas ici. Il est avec toi qui te retrouves toute seule. Je m’inquiète beaucoup pour la moisson. Est-ce que François et Louis sont venus comme promis et avez-vous tout fauché ?
    Surtout n’oublie pas d’aller voir Le Hunsec pour lui rappeler qu’il doit venir avec sa batteuse le 17 sans faute. J’ai peur que les épis s’échauffent et que les grains soient perdus.
    Il y a un autre bruit qui circule : ils réquisitionneraient tous les chevaux. Vois avec Mathurin comment faire mais il faut absolument que vous gardiez au moins un cheval, Tonnerre de préférence. Ils n’auront qu’à prendre la jument.
    Excuse-moi ma chère femme, je ne parle que du travail et je n’ai pas encore assez demandé de tes nouvelles, mais tu vois je suis ici et je voudrais être encore chez nous.
    Je vais m’arrêter pour remettre la lettre au vaguemestre qui la postera ce soir à Lorient. Elle arrivera plus vite et si tu donnes de bonnes nouvelles dans ta réponse je serai rassuré, surtout pour la moisson.
    Dis bien le bonjour à ma mère de ma part et donne un baiser de plus à Louison pour son papa.
    Félix, ton mari qui pense à toi.

    Ceci est extrait du récit que j’ai écrit en 2018 pour raconter l’histoire d’une famille bretonne pendant la première guerre mondiale. Si quelqu’un est intéressé je peux passer la totalité du texte (580 pages) par internet. Écrivez votre demande dans le formulaire de commentaires en dessous de cet article.

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