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  • Animal!? : une exposition de chefs-d’œuvre à Landerneau

    À nouveau, nous voici entre les murs labyrinthiques du FHEL (Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la Culture), à Landerneau. Cette fois, le thème proposé, « Animal!? », nous fait savoir par sa double ponctuation qu’outre le plaisir des yeux et l’intérêt de la technique, il y aura matière à juger et à s’interroger quant à la motivation des artistes.
    En effet, d’entrée une suite de toiles s’opposent, les unes offrant la vision édénique d’une femme à l’aube de sa création, les autres montrant des scènes cruelles de cannibalisme. Entre ces deux excès, il nous est rappelé que Darwin a démontré que l’homme et l’animal, selon leur milieu, ont subi les lois de l’évolution. Et bien sûr, on commence à méditer, passant devant des tableaux illustrant des théories relevant de l’imaginaire à évocation de l’homme à l’état sauvage ou bien présentant un zoomorphisme exagéré, comme un prélude aux théories racistes.
    Passons plutôt au rayon des animaux de compagnie. Humour douteux ? La série débute par une grande toile où, allongé et avachi au travers d’un lit froissé, dort un homme maigre, hirsute, obscène, devant qui s’agglutinent des admiratrices, une multitude de chiens, de chats qui semblent nous fixer, étonnés peut-être. Plus loin sous un vol d’oiseaux suspendus, apparemment sans intérêt, nous constatons vite qu’un savant éclairage projette sur le mur leurs ombres en silhouettes et des scènes fantasmagoriques et inquiétantes.
    Nous changeons d’ambiance, là où l’homme et l’animal s’identifient et c’est dans la mythologie que l’artiste puise l’inspiration, ainsi un peintre comme Véronèse et sa toile « Léda et le cygne » ou bien un sculpteur comme Bourdelle et ses impressionnants « Centaure » et « Minotaure ». Le panthéon grec a généré tant de chefs-d’œuvre et d’exemples de ces hybrides mi-homme, mi-animal.
    Que penser des bizarres compositions d’Arcimboldo, assemblages de figures animales pour aboutir à un portrait.
    Inquiétante, l’araignée (Spider, 1994) de Louise Bourgeois, mais quel plaisir de voir le chien efflanqué, semblant nous ignorer, de Giacometti.
    Déjà terminée cette visite ? Impensable, alors que dans la préhistoire il décorait le mur des grottes (art pariétal) et que depuis il a été représenté en peinture comme en sculpture en abondance, nous n’avons pas vu ici notre plus belle conquête : le cheval ! J’ai piaffé de contrariété.

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