Étiquette : conférence

  • Littérature. Festival « Les Rencontres de la Baie 2026 »

    Vidéo, 14 mn 39 s. « Les Rencontres de la Baie » autour de la littérature et de la lecture. © Jeff Saby.

    L

    e festival, Les Rencontres de la Baie (ex-Les Rencontres de Moguériec), est un festival de littérature se déroulant à Carantec (nord-Finistère). Sa fondatrice, Brigitte Maligorne, est venue nous le présenter à la résidence Domitys de Morlaix.

    PETIT ET VARIÉ
    C’est un festival de petit format qui accueille une douzaine d’écrivains de renommée nationale voire internationale, écrivains dont on entend parler au moment des prix littéraires. Ces rencontres prennent diverses formes. Il y a les groupes de lecteurs autour d’un livre, les cafés littéraires autour d’un auteur ou d’une autrice et les tables rondes autour d’un thème (l’an dernier par exemple la biographie romanesque).

    CONVIVIAL ET AMBITIEUX
    Tout se passe devant la médiathèque de Carantec, mitoyenne de l’espace culturel André Jacq. Il y a un parvis où l’on peut également se rencontrer, où il y a une buvette et le stand d’une librairie. Des gens arrivent dès la soirée de lancement du vendredi soir. Le dimanche après-midi, c’est la fin et tout le monde s’embrasse, les écrivains, le public. Certains continuent leurs relations par mail.
    Bref, un festival des plus sympathiques qui aimerait, sans grandir de taille, amplifier sa réputation, à l’image d’« Étonnants Voyageurs », à Saint-Malo. D’ailleurs, cette édition 2026 tourne beaucoup autour des voyages.

    LIVRES SÉLECTIONNÉS

    Voyages aux pays nomades.– Par Érik Orsenna, l’écrivain, Bernard Matussière, le photographe, Anne-Marie Métailié, l’éditrice. Une aventure de voyages, d’écriture, de photographies et de publication d’un récit de voyages.

    Naufrage(s).– Par Michèle Lesbre. Venue de Paris, une femme déambule sur l’île de Sein. Elle visite le Musée des naufrages. Elle pense au naufrage de nos vies, de nos sociétés.

    Le ciel est immense.– Feurat Alani nous plonge dans les secrets d’une famille irakienne marquée par la disparition mystérieuse d’un oncle pilote dont on parle peu.

    Coyote.– Par Sylvain Prudhomme. Souvent, c’est la vie qui donne l’idée d’un livre. C’est un de ses précédents livres qui conduit l’auteur à faire de l’auto-stop le long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

    Un amour infini.– Par Ghislaine Dunant. Ce roman installe le lecteur au cœur d’une rencontre inattendue de trois jours sur l’île de Ténérife, en juin 1964, bouleversée par un événement tragique.

    La joie de l’ennemi.– Par Julien Delmaire. L’histoire de Jeffrey, un homme solitaire et reclus vivant sur une colline, coupé du monde et rongé par les addictions. Il n’a qu’un seul ami, Seymour, un cow-boy Noir et taiseux. Conseillé seulement pour les grands lecteurs, car particulièrement sombre.

    Du verre entre les doigts.– Par Alix Lerasle. Écrit en vers libres. La narratrice est une petite fille qui a un petit frère pas comme les autres. Elle essaie de comprendre l’histoire de sa famille dysfonctionnelle, de ce petit frère. Que cachent tous les silences autour de cette histoire ?

    Plouhéran.– Par Isabel Del Real. Roman graphique (dessins en noir et blanc et texte). Une jeune fille, dans la période de la crise sanitaire du covid, part à bicyclette de Plouër-sur-Rance à Téhéran (d’où Plouhéran). Elle fait des tas de rencontres tout au long de son itinéraire.

    AUTEURS ET AUTRICES

    Éric Orsenna.– Voyages aux pays nomades. Éric Orsenna, alias Éric-Émile-Léonce Arnoult est un écrivain et académicien français né le 22 mars 1947 à Paris.

    Michèle Lesbre.– Naufrage(s). Née le 25 novembre 1939 à Tours, est une écrivaine française vivant à Paris. Toujours dans la maison d’éditions Sabine Wespieser. Après avoir fait du théâtre dans des troupes régionales et enseigné dans les écoles, elle se consacre à l’écriture.

    Feurat Alani.– Le ciel est immense. Feurat Alani est un journaliste, grand reporter français d’origine irakienne né le 5 décembre 1980 à Paris. Il est également écrivain. Il est lauréat du prix Albert-Londres en 2019 pour son livre Le Parfum d’Irak.

    Sylvain Prudhomme.– Coyote. Né en 1979 à La Seyne-sur-Mer. Sylvain Prudhomme vit à Arles. Ses livres sont traduits dans plusieurs langues. Il collabore chaque mois, depuis 2015, à la chronique « Écritures » du quotidien Libération. Sylvain Prudhomme est le lauréat 2019 du prix Femina et du prix Landerneau des lecteurs pour son roman Par les routes.

    Ghislaine Dunant.– Un amour infini. Née à Paris le 21 juin 1950 d’une mère française et d’un père suisse. Elle a reçu le Prix Femina essai en 2016 pour Charlotte Delbo, la vie retrouvée (Grasset) et le Prix Michel Dentan en 2008 pour Un effondrement (Grasset).

    Julien Delmaire.– La joie de l’ennemi. Julien Delmaire est poète, romancier et écrit pour le théâtre. Depuis plus de quinze ans, il déclame des poèmes sur scène, en France et dans le monde. Il anime des ateliers d’écriture dans les écoles, les prisons, et les hôpitaux psychiatriques.

    Alix Lerasle.– Du verre entre les doigts. Née en 1998. Alix Lerasle a obtenu le prix de poésie de la vocation 2022 pour son recueil Faut-il des murs pour faire une maison ? publié aux éditions Cheyne. En 2024, elle publie son premier roman Du verre entre les doigts, totalement écrit en vers libres.

    Isabel Del Real.– Plouhéran. Née à San Francisco le 1er janvier 1997 d’une mère bretonne et d’un père espagnol, Isabel Del Real, 25 ans, a le voyage dans le sang. Celle qui a grandi à Plouër-sur-Rance s’est lancée, en 2021, dans un grand périple à vélo en solitaire, entre les Côtes d’Armor et Téhéran. 15 000 km et un roman graphique plus tard, elle vit aujourd’hui sur les bords de Rance, pour lesquels elle nourrit un profond attachement.

    SUR CE BLOG
    Jeu 11.09.2025. Littérature. Auteurs et autrices en odeur de terroir🛈
    Nous étions six, au Domitys de Morlaix, à assister à la présentation d’auteurs de romans du terroir par deux bibliothécaires. Audience petite, mais de qualité !…

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  • Conférence. Écrans et bien-être

    Vidéo, 4 mn 19 s. Conférence sur l’utilisation des écrans. Mar 9.12.2025. © Jeff Saby.

    Deux étudiantes de la faculté de médecine de Brest, Léna Blaize et Suzanne Contios, ont animé une conférence au Domitys de Morlaix sur l’utilisation des écrans et sur le bien-être ou les désagréments que l’on peut en tirer.

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  • Conférence. Simone Veil, d’Auschwitz au Panthéon

    Vidéo, 15 mn 23 s. Simone Veil, une grande républicaine. Ven 21.11.2025. © Jeff Saby.

    Frédéric Mallégol nous a raconté la vie de Simone Veil. Comme dans toutes ses conférences, très appréciées à Domitys, il a maitrisé son sujet avec brio.
    Simone Veil, née Jacob le 13 juillet 1927 à Nice, est une magistrate et femme d’État française. Déportée à Auschwitz à 16 ans pendant la Shoah, elle perd sa famille mais survit avec ses sœurs. Elle épouse Antoine Veil en 1946 et devient haut fonctionnaire après des études de droit. En tant que ministre de la Santé en 1974, elle fait adopter la loi dépénalisant l’IVG, connue sous le nom de « loi Veil ». Elle est la première présidente du Parlement européen de 1979 à 1982 et joue un rôle clé dans la réconciliation franco-allemande. Elle est ministre d’État de 1993 à 1995 et siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007, avant d’être élue à l’Académie française en 2008. Elle est entrée au Panthéon le 1er juillet 2018.

    SUR CE BLOG
    Ven 08.08.2025. Frédéric Mallégol raconte la France des années 80🛈

    La conférence de Frédéric Mallégol à Domitys Ker Madiou, à Morlaix, a réveillé les souvenirs des résidents, venus nombreux. L’historien a raconté les années 80 en France de façon plaisante…

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  • Don d’organes et de tissus : il faut qu’on en parle

    Don d’organes et de tissus : il faut qu’on en parle

    Lors d’une conférence à Domitys Ker Madiou, Armande Meunier et Stéphane Buard, infirmiers à la CDOT (► Coordination des Dons d’Organes et de Tissus) de l’hôpital de Morlaix, ont expliqué en quoi consiste leur travail et plus généralement ont dévoilé tout ce qu’on aurait voulu savoir sur le don d’organes sans jamais avoir osé le demander. Le sujet, lié à celui de la mort, est en effet encore un peu tabou, même si on en parle davantage qu’autrefois. Les intervenants ont affirmé d’emblée ne pas être venus en « recruteurs » de donneurs d’organes et ont déclaré ne porter aucun jugement sur les opinions des uns et des autres.

    QUELQUES CHIFFRES
    Depuis la loi du 22 décembre 1976 (loi Caillavet), chacun est présumé donneur, sauf en cas de refus exprimé de son vivant. Cela peut se faire en s’inscrivant sur le ► registre national du refus (possible dès l’âge de 13 ans), en le disant au médecin traitant, appelé systématiquement par la coordination des dons, en le mentionnant dans le dossier médical partagé et en le disant partout autour de vous. En France, on compte 36,4 % de refus, le taux le plus bas est en Bretagne (21,3 %) et le plus haut en Ile-de-France (53,5 %). L’âge moyen en France des donneurs décédés prélevés est de 58 ans, un chiffre stable depuis 10 ans. Plus de 22 000 patients sont inscrits sur la liste nationale d’attente de greffe. En 2024, 852 patients en attente de greffe sont morts.

    À L’HÔPITAL DE MORLAIX
    Le Centre hospitalier des Pays de Morlaix n’est un centre de prélèvements que depuis 2010. Il est agréé pour le prélèvement des organes, mais pour les tissus, seulement de la cornée et depuis 2023 des valves du cœur et des vaisseaux. Des travaux dans la salle et l’ajustement des compétences ainsi qu’une demande d’autorisation par l’Agence Régionale de Santé sont en cours pour les autres tissus. Les demandes d’autorisation par L’ARS doivent être renouvelées tous les cinq ans.

    IDÉES REÇUES
    Ont été détaillées les réponses à dix questions que l’on se pose. Un excellent résumé en est fait dans un trousseau de cartes largement diffusé et offert. Il est là-dessous :

    UN FILM PARLANT
    Pour terminer la séance, les deux conférenciers avaient prévu de nous diffuser « Comment j’ai sauvé des vies », un court-métrage dur et émouvant de sensibilisation au don d’organes. Ils y ont renoncé préférant conseiller à ceux qui ne craignent pas de le regarder de le rechercher sur youtube. Pas la peine : il est là-dessous :

    Vidéo, 8 mn 36 s. « Comment j’ai sauvé des vies », un film de Benjamin Caspar.
    Étapes de la production et début du scénario.

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  • Littérature. Auteurs et autrices en odeur de terroir

    Nous étions six dans la salle de séjour de Domitys Ker Madiou à assister à la présentation d’écrivains par Gaelle Brien et Isabelle Pérez, de la bibliothèque de La Boissière, à Morlaix. Audience petite, mais de qualité ! Le sujet du jour ciblait les romans du terroir et les romans paysans.

    DEUX GENRES LITTÉRAIRES PROCHES.
    Le roman du terroir a pris racine au Québec, comme mouvement de résistance à la culture anglo-saxonne du reste du Canada. Il avait pour thèmes la terre, la famille, la religion (souvent catholique) et la défense de la langue française. Chez nous le roman du terroir partage les mêmes valeurs de résistance à la modernité, de fidélité à la terre paternelle et de glorification de la vie rurale.
    Le roman paysan, parfois considéré comme un sous-genre du roman du terroir, est plus réaliste et plus ancré dans une région précise. Il idéalise moins la vie rurale et rend davantage compte de ses difficultés, dépeignant parfois les tensions sociales entre modernité et traditions locales. Marcel Pagnol, par exemple, donne une image de la campagne peu valorisante.

    EN ATTENDANT SIGNOL
    Christian Signol plait autant par les thèmes qu’il aborde (ruralité, terre, mémoire, transmission) que par son style accessible et chaleureux. Il excelle dans les souvenirs d’enfance, les récits familiaux et sa description lyrique des paysages. Il est l’auteur qui « sort le plus », parole de bibliothécaire. À voir la précipitation de ses fans pour se procurer son dernier livre, on mesure leur impatience quand celui-ci tarde à arriver. Gaelle Brien nous présente des romans qui peuvent permettre de combler l’attente.
    Dans Le Temps et la Paille, Jean Anglade met en scène un homme de plus de quatre-vingts ans, veuf, isolé dans son village de Cournon-d’Auvergne, abandonné de ses trois enfants. Avec l’aide d’un jeune voisin, il recourt à internet pour se faire adopter comme grand-père. Une merveille littéraire qui traite de la solitude des personnes âgées.
    Le cachot de Hautefaille de Marie-Bernadette Dupuy, publié en 2009, est un roman qui mélange habilement les genres du fantastique et du policier. Une journaliste en vacances dans les Highlands, près du Loch Ness en Écosse, rencontre un couple de jeunes mariés québecois en voyage de noces, Sarah et Jérémie. Sarah est troublée par des visions qui semblent liées aux tragédies du passé. De retour au Québec, les dangers ne font que commencer…
    Dans Un bouquet de dentelle, Marie-Paul Armand nous plonge dans l’univers de la dentelle de Calais, au XIXe siècle, sur fond de lutte des classes. Une jeune ouvrière, Léonie, va devoir affronter les épreuves de la vie et les secrets de sa famille.
    La Fille de la fabrique, de Georges-Patrick Gleize, baigne aussi dans le monde du travail. En 1960, Gaston Maréchal, patron autoritaire d’une faïencerie à Martres-Tolosane, près de Toulouse, est retrouvé noyé après une partie de pêche. Quatre ans après, sa fille Monique, espérant se consoler d’un récent veuvage, revient au pays et prend les rênes de l’entreprise familiale. Mais elle se heurte à la méfiance des employés et à l’hostilité du contremaître.
    Dans le roman de Jean-Paul Malaval, La belle étrangère, c’est Clara, fille d’immigrés italiens auxquels le vieux Maximin Maringot a décidé de céder sa propriété, dont ils sont les métayers depuis 1930. Au lendemain de la Libération, dans ce petit village de Corrèze, cela est perçu comme une trahison. Une intrigue qui évoque l’immigration, l’exil et la peur de l’autre. Des thèmes qui résonnent avec l’actualité.
    Entre l’Alsace et la Lorraine, Là où nait l’espoir, d’Élise Fischer, se penche sur le destin de deux enfants, Édouard et Reine, nés dans la tourmente de la dernière guerre. Un temps éloignés l’un de l’autre, ils se retrouvent cinquante ans après le conflit et décident d’affronter ensemble les spectres du passé.
    Saga familiale dans la région d’Aigues-Morte, Les Couleurs de l’oubli, de Christian Laborie, est l’histoire d’un couple heureux, Emma et Florian. Il a réchappé au naufrage du Titanic, mais pas la sœur jumelle d’Emma. Jusqu’à l’arrivée, quatorze ans plus tard, d’un troublant Italien, Vincenzo, fuyant le fascisme. Amour et réveil de secrets au milieu des salins camarguais.
    Dans La Terre blessée, Alain Paraillous relate le combat de l’homme contre les forces de la nature. Le 24 janvier 2009, la tempête Klaus a détruit les serres et ravagé les cultures de Christian, petit-fils et fils d’immigrés italiens qui ont travaillé dur sur cette terre du Sud-Ouest. Terre qu’il s’est évertué à entretenir et moderniser. Les jours suivants, avec les aides fournies par l’État, il entame la reconstruction de son exploitation. Puis viennent l’abattement et la remise en question.
    Dans Du même bois, publié en 2024, Marion Fayolle brosse le tableau d’un monde rural en disparition. Elle raconte l’histoire de trois générations d’une famille d’éleveurs dans une ferme ardéchoise. Son idée est que humains et animaux ressentent des choses, sont du même bois, même si les seconds n’ont pas la parole pour les exprimer.

    APPARENTÉS TERROIR.
    Isabelle Pérez, qualifiée de « ma chef » par Gaelle, nous a ensuite présenté cinq « romans tout courts » proches de la thématique des romans du terroir.
    Dans L’Annonce, paru en 2010, Marie-Hélène Lafon raconte l’histoire d’Annette qui répond à la petite annonce de Paul et emménage avec son fils à sa ferme du Cantal, dans un logement séparé de celui des oncles et de Nicole. Il lui faut s’adapter à cet environnement… Un roman proche des Profils paysans de Raymond Depardon. Cet extrait donne une idée du style : « La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait ».
    Serge Joncour était inconnu lorsque la bibliothèque de Morlaix l’avait reçu après la parution de son premier roman, UV. Aujourd’hui, détenteur de nombreux prix littéraires, il est franchement reconnu. L’Amour sans le faire, publié en 2012, adapté au cinéma en 2019 par Jessica Palud sous le titre Revenir, raconte l’histoire de Franck, meurtri par la vie, qui revient dans la ferme de ses parents après dix ans d’absence. Il y retrouve Louise et le fils de Louise, Alexandre, 5 ans, qui a le même prénom que son frère disparu. Leur relation évolue doucement, et les trois partagent des moments de complicité, créant ainsi une sorte de famille improvisée. Serge Joncour est passé maître dans l’art de saisir les émotions.
    Dans L’Homme qui plantait des arbres, écrit en 1953, Jean Giono raconte sa rencontre, en 1913, avec un berger des Alpes provençales qui a transformé une lande désertique en un paradis vert. On sait aujourd’hui que ce récit pour « faire aimer à planter des arbres » est une fiction. Le livre est considéré comme un manifeste de la cause écologique.
    Le camp des autres, de Thomas Vinau, paru en 2017, est un roman historique. Au début du XXe siècle, Gaspard, un jeune garçon fuit dans la forêt avec son chien. Blessé, il est recueilli par un homme mystérieux. Ils rejoignent un groupe de rebelles. Gaspard va alors apprendre à survivre et à s’épanouir dans un monde hostile.
    Le Champ est le nom du cimetière d’une petite ville fictive autrichienne, Paulstadt. Dans ce roman très original de Robert Seethaler, ce sont les morts qui racontent leur histoire. La vie tourne autour des figures locales : le maire, la fleuriste, le facteur, le curé dévoré par les flammes dans l’incendie de l’église, le marchand de légumes…

    Auteurs et autrices

    Jean Giono.– Né le 30 mars 1895 à Manosque où il est mort le 8 octobre 1970. Ses œuvres, souvent ancrées dans le monde paysan provençal, abordent des questions uni­ver­selles sur la condition humaine.

    Jean Anglade.– Né le 18 mars 1915 à Escoutoux (Puy-de-Dôme) et mort à 102 ans, le 22 novembre 2017 à Clermont-Ferrand. Le chantre de l’Auvergne.

    Marie-Paul Armand.– Née le 14 août 1946 à Leforest dans le Pas-de-Calais et morte le 7 octobre 2011 à Woignarue dans la Somme. La vie ouvrière dans le Nord-Pas-de-Calais.

    Alain Paraillous.– Né le 5 janvier 1947 à Saint-Pierre-de-Buzet (Lot-et-Garonne), dans la maison qu’il habite au­jourd’hui, où tous ses aiëux son nés. Son camp n’a jamais cessé d’être celui de la terre.

    Christian Signol.– Né en 1947 aux Quatre-Routes-du-Lot, dans le Quercy, qui inspirera plus tard toute sa littérature. L’auteur qui « sort » le plus, révèle Gaelle Brien, de la bi­bliothèque de la Boissière, à Morlaix.

    Christian Laborie.– Pseudonyme de Christian Van Duynslaeger. Né en 1948 à Tourcoing. Ses romans sont ancrés dans sa région d’adoption, les Cévennes.

    Élise Fischer.– Née le 13 juillet 1948 à Champigneulles et morte le 25 décembre 2023 à Baccarat. Traitait des gens ordinaires de Lorraine.

    Jean-Paul Malaval.– Né le 30 décembre 1949 à Brive-la-Gaillarde. Inspiration corrézienne mais aussi bordelaise, lyonnaise et du sud de la France.

    Georges-Patrick Gleize.– Né à Paris en février 1952, fils de la comédienne Andrée Laberty. Publie un roman d’histoire chaque année, prenant pour cadre les Pyrénées et le grand Sud.

    Marie-Bernadette Dupuy.– Née à Angoulême le 30 octobre 1952. Aborde avec un immense succès les genres les plus variés : biographies historiques, polars, romances, litté­ra­ture régionale. Connue dans le monde comme la reine française des sagas familiales.

    Serge Joncour.– Né le 28 novembre 1961 à Paris mais a grandi dans le Lot-et-Garonne. Dépeint avec justesse les relations humaines, la solitude, la perte, la mémoire et l’identité. Nombreux prix littéraires dont le Fémina en 2020.

    Marie-Hélène Lafon.– Née le 1er octobre 1962 à Aurillac. Son œuvre est en partie consacrée au Cantal dont elle est originaire. Lauréate de nombreux prix littéraires dont le prix Goncourt de la nouvelle en 2016 et le prix Renaudot en 2020.

    Robert Seethaler.– Né le 7 août 1966 à Vienne (Autriche). Écrivain, scénariste et acteur autrichien. Partage son temps entre Berlin et Vienne. Un des écrivains de langue allemande les plus importants de sa génération.

    Thomas Vinau.– Né le 26 septembre 1978 à Toulouse. Vit dans le Lubéron. Raconte le quotidien et l’intime. Écrit en prose, en vers, sur des livres faits main ou des boîtes d’allumettes. Romans plutôt courts. Amour pour la poésie.

    Marion Fayolle.– Née le 4 mai 1988 à Saint-Sauveur-de-Montagut (Ardèche), est une dessinatrice de presse, illustratrice, autrice de bande dessinée et romancière. Histoire d’une ferme ardéchoise dans « Du même bois ».

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  • Les directives anticipées pour gérer sa fin de vie

    Certains ignorent leur existence, d’où l’intérêt de cette conférence de Me Viviane Guimberteau, notaire à Plestin-les-Grèves, sur les directives anticipées. Intérêt bien compris par la nombreuse assistance dans le salon de la résidence Domitys Ker Madiou à Morlaix.

    VOS DÉSIRS SONT DES ORDRES
    Si les directives anticipées sont désormais encadrées par des lois (loi Léonetti de 2005 et loi Claeys-Léonetti de 2016) qui font obligation aux médecins et autres intervenants lors de votre fin de vie de les respecter, la façon de les rédiger est libre, en manuscrit ou dactylographiées, sur n’importe quel papier. Il existe sur internet de nombreux formulaires prêts à l’emploi, surtout orientés sur l’aspect médical, mais rien n’oblige à les utiliser. Pour être valide le document de vos directives doit comporter la date de la rédaction, vos nom et prénom, vos lieu et date de naissance et votre signature ou celle de la personne de confiance désignée dans ce document. Vous devez être majeur et en pleine possession de vos facultés cognitives. Une procédure permet de les faire rédiger par la personne de confiance, sous votre dictée et en présence de témoins, si vous n’êtes pas en mesure de tenir un stylo. Il va de soi que les directives anticipées ne seront mises à contribution que si vous n’êtes plus en état d’exprimer vos souhaits. Depuis la loi Léonetti, les directives anticipées sont pérennes : on ne doit plus les renouveler annuellement et seules les dernières en date découvertes seront appliquées.

    QUEL CONTENU ?
    On y mettra ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas. On veut avoir des soins de confort pour supprimer la douleur. On veut que sa pudeur, sa dignité soient respectées. On ne veut pas d’obstination dérai­sonnable, nouvelle appellation de l’acharnement thérapeu­ti­que. On accepte ou pas la sédation profonde. On accepte ou pas de donner ses organes. On veut une cérémonie religieuse ou pas. On préfère être incinéré ou enterré. On veut finir sa vie chez soi, où les soins palliatifs sont toujours possibles, ou dans tel établissement hospitalier, à condition que ce dernier soit en mesure de vous accueillir. Le centre de soins palliatifs de votre département peut vous aider à rédiger vos directives si vous manquez d’inspiration.
    Les directives anticipées ne doivent pas être confondues avec le testament, « acte à cause de mort », qui concerne la répartition de vos biens après votre disparition et qui obéit à des règles plus strictes.

    LE FAIRE SAVOIR
    On ne doit pas pouvoir ignorer que vous avez pris des directives anticipées. Versez-les dans votre dossier médical partagé ou demandez à votre médecin de le faire. Les ajouter à votre dossier chez Domitys est aussi une bonne idée. Les enregistrer chez un notaire n’en est pas une mauvaise. Précisez quelles personnes doivent être avisées s’il vous arrive quelque chose. Faites des copies pour une ou plusieurs personnes de votre entourage et bien sûr pour la personne de confiance que vous avez choisie.

    LE MANDAT DE PROTECTION FUTURE
    En renfort des directives anticipées il est possible de créer un mandat de protection future. Par ce mandat, vous désignerez une ou, afin de se prémunir contre sa défaillance éventuelle, plusieurs personnes pour gérer vos biens personnels et vos opérations comptables tant que vous n’êtes pas mis sous tutelle ou sous curatelle. Vos mandataires pourront signer pour vous si vous l’avez précisé dans le mandat. Ainsi, par exemple, ils pourront vendre votre voiture si vous ne pouvez plus la conduire ou virer de l’argent de votre épargne sur votre compte chèque en cas de dépenses à venir.

    La rédaction des directives anticipées n’est pas imposée. Elle est recommandée. Elle apporte une aide à votre famille en cas de décision urgente à prendre à votre place.

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  • Frédéric Mallégol raconte la France des années 80

    Vidéo : 5 mn 6 s. Conférence sur les années 80. Ven 08.08.2025. © Jeff Saby.

    La conférence de Frédéric Mallégol à Domitys Ker Madiou, à Morlaix, a réveillé les souvenirs des résidents, venus nombreux. L’historien a raconté les années 80 en France de façon plaisante car agrémentée de nombreuses photos et vidéos diffusées sur le grand écran du salon.
    Sur le plan politique et économique, l’émouvante chanson de Pierre Bachelet « Les corons » constatait la fin des mines de charbon. On a revu les « années Mitterrand », en long, en large et en leurs travers. Après les réformes jubilatoires du début, en 1981, la fin de la récréation a été sifflée en 1983. Bonjour la rigueur !
    Sur le plan culturel et sociologique, ont été évoquées la naissan-ce de la fête de la musique, les radios libres, la libération de la femme. La télé ne comptait que deux chaines publiques avant l’arrivée de Canal +, première chaine privée, en 1984. Des émis-sions restent dans nos mémoires, comme « L’École des fans » de Jacques Martin, dont nous est montrée une séquence irrésisti-ble, « Champs-Élysées »  de Michel Drucker, « Droit de réponse », de Michel Polac. Sans oublier des feuilletons très regardés comme « La croisière s’amuse », « Dallas » ou « Arnold et Willie ».Alors que la musique n’est conservée que sur des sup-ports matériels, des artistes comptabilisent des records de vente, comme Michel Sardou pour « Les lacs du Connemara », dont on entend un large extrait.

    Qui est Frédéric Mallégol ?

    Frédéric Mallégol est un professeur agrégé d’histoire-géographie à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), reconverti en conférencier actif à travers toute la Bretagne. Il a enseigné pendant plus de 20 ans dans divers établissements secondaires et à l’université. Frédéric Mallégol incarne une figure académique tournée vers le grand public. Grâce à ses conférences bien documentées, accessibles et souvent illustrées musicalement, il rend l’histoire vivante et connectée aux imaginaires régionaux, culturels et populaires. (extrait de la réponse de ChatGPT 5)

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  • Une plaisante initiation à l’intelligence artificielle

    Vidéo, 34 s. Réponse à une question posée à ChatGPT. © Jeff Saby.

    J’ai posé la question suivante à ChatGPT(ℹ)Chat Generative Pre-trained Transformer (générateur de discussion pré-entrainé) : « Explique-moi simplement ce qu’est l’intelligence artificielle générative ». Sa réponse est dans la vidéo ci-dessus.
    La présentation de l’intelligence artificielle (IA) proposée par Julien Simonklein et envoyée de son ordinateur sur la télévision du salon de la résidence Domitys de Morlaix a fait salle comble. Elle était claire, simple et amusante. J’ai parfois utilisé cet outil en mode texte mais je n’avais jamais testé ses aptitudes à la conversation orale, à la création d’images et à la tranformation d’images existantes.

    SIDÉRANT. L’imitation de la voix humaine, la fluidité du débit, le ton sont d’un réalisme époustouflant. On rigole au souvenir des voix de synthèse des anciens jeux du siècle dernier. Tout au long de la séance ont été soulignés les dangers d’une trop grande confiance dans la personne qui cause dans l’ordi. Ne pas en faire sa confidente. Ne pas lui donner trop de détails sur sa vie, son entourage, son numéro de carte bancaire !

    FAIT AUSSI DES ERREURS. Un des résidents, connu pour son amour de la poésie, a demandé à L’IA de créer un poème avec une ambiance automnale. La bête a fourni un texte d’apparence poétique, n’oubliant pas les feuilles mortes mais non rimé. Impossible de lui faire produire des alexandrins ! Le même résident, décidément polyvalant, a posé une colle mathématique à l’IA : combien font un tiers et demi de 100 ? La voila embarquée dans 100:3=33,33 plus la moitié de 33,33 soit 16,665 = 49,995. Errare IA est. La bonne réponse est : (1/3) + (1/3)/2 = 1/3 + 1/6 = 2/6 + 1/6 = 3/6 = 1/2 = 0,5. Et : 100 x 0,5 = 50. Attention aussi aux mots employés dans la requête. Julien demande à l’IA de s’adresser « à l’assemblée ». L’IA s’adresse derechef aux députés de l’Assemblée nationale !

    MONTRE-MOI UN CHAT. Bien clore une demande avant d’en faire une nouvelle. L’IA croit qu’on est toujours sur la demande de créer l’image d’un village breton quand on souhaite qu’elle montre un chat. Et voilà le chat sur fond de village breton !
    La manipulation d’images existantes est impressionnante et suscite l’inquiétude quand on réalise qu’elle peut installer quelqu’un dans un lieu où il n’était pas. Une photo prise lors d’une sortie des résidents montre une dame sur une balançoire. On veut l’effacer. Exit la dame ! Et ajouter sur et autour de la balançoire des enfants jouant. Voilà, c’est fait ! À l’écrit ou à l’oral, c’est pareil. L’IA peut faire exprimer à quelqu’un une opinion contraire à la sienne.

    UNE ROUBLARDE. L’intelligence artificielle s’ingénie à nous faire croire qu’elle crée et invente. Il n’en est rien. Elle n’est qu’un puissant calculateur qui agence ce que contient sa banque de données gigantesque selon la demande qui lui est faite, en tenant compte des préférences qu’on lui a signalées (choix du type de réponse, de la voix, du ton, de l’humeur, etc). Cette base de données s’alimente en permanence de ce qui se publie sur le web, de ce que des cohortes de programmeurs dans le monde lui injecte, de nos conversations avec l’intelligence artificielle. Elle apprend, comme nous, de ses erreurs et, comme nous, n’en tient pas toujours compte !

    PAS ÉMOTIVE MAIS MANIANT L’HUMOUR. Contrairement à nous, l’intelligence artificielle n’a pas conscience d’exister et elle ne ressent aucune émotion. Elle peut, à l’occasion, provoquer de l’émotion chez ceux qui la regardent, l’écoutent ou la lisent mais c’est sans faire exprès. Il lui arrive aussi d’être rigolote. Julien propose à l’IA programmée pour être son assistante personnelle de la prénommer Alfred. Sur un ton enjoué, l’IA accepte et ne peut s’empêcher de commenter en soulignant que ce prénom lui évoque celui d’un majordome !

    PAS COOL POUR LA PLANÈTE. Si l’accent a bien été mis sur les dangers de l’intelligence artificielle, on n’a pas abordé dans l’heure et demi impartie à l’atelier le problème du bilan carbone des centres de données. Selon Forbes, une requête sur un assistant IA consomme jusqu’à dix fois plus d’électricité qu’une recherche dans un moteur de recherche classique​. « Cela pose la question de notre rapport aux outils numériques : comment utiliser l’intelligence artificielle de manière raisonnée, sans multiplier inconsidérément les besoins en ressources ? », questionne le magazine américain. J’apprends que les initiatives se multiplient en Europe pour chauffer logements et bureaux avec l’énergie résiduelle des centres de données. On finit donc ce compte rendu sur une note d’espoir !

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