Catégorie : Culture

  • La crèche de Jean-Charles Le Pellec et la Pastorale des santons

    Vidéo, 9 mn 36 s. Histoire des crèches et des santons. Ven 12.12.2025. © Jeff Saby.

    Résident de fraiche date à Domitys Ker Madiou, Jean-Charles Le Pellec fabrique des crèches depuis longtemps. Il en a réalisé une, superbe, pour la résidence. Ayant vécu et travaillé en Arles, il en connait un rayon sur les traditions particulières de la période de Noël dans cette région. Il nous a raconté l’histoire des crèches et des santons en préambule de la diffusion, sur l’écran du salon, de la Pastorale des santons, le conte d’Yvan Audouard. Un bain de Provence d’une cinquantaine de minutes !

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  • Littérature. Festival « Les Rencontres de la Baie 2026 »

    Vidéo, 14 mn 39 s. « Les Rencontres de la Baie » autour de la littérature et de la lecture. © Jeff Saby.

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    e festival, Les Rencontres de la Baie (ex-Les Rencontres de Moguériec), est un festival de littérature se déroulant à Carantec (nord-Finistère). Sa fondatrice, Brigitte Maligorne, est venue nous le présenter à la résidence Domitys de Morlaix.

    PETIT ET VARIÉ
    C’est un festival de petit format qui accueille une douzaine d’écrivains de renommée nationale voire internationale, écrivains dont on entend parler au moment des prix littéraires. Ces rencontres prennent diverses formes. Il y a les groupes de lecteurs autour d’un livre, les cafés littéraires autour d’un auteur ou d’une autrice et les tables rondes autour d’un thème (l’an dernier par exemple la biographie romanesque).

    CONVIVIAL ET AMBITIEUX
    Tout se passe devant la médiathèque de Carantec, mitoyenne de l’espace culturel André Jacq. Il y a un parvis où l’on peut également se rencontrer, où il y a une buvette et le stand d’une librairie. Des gens arrivent dès la soirée de lancement du vendredi soir. Le dimanche après-midi, c’est la fin et tout le monde s’embrasse, les écrivains, le public. Certains continuent leurs relations par mail.
    Bref, un festival des plus sympathiques qui aimerait, sans grandir de taille, amplifier sa réputation, à l’image d’« Étonnants Voyageurs », à Saint-Malo. D’ailleurs, cette édition 2026 tourne beaucoup autour des voyages.

    LIVRES SÉLECTIONNÉS

    Voyages aux pays nomades.– Par Érik Orsenna, l’écrivain, Bernard Matussière, le photographe, Anne-Marie Métailié, l’éditrice. Une aventure de voyages, d’écriture, de photographies et de publication d’un récit de voyages.

    Naufrage(s).– Par Michèle Lesbre. Venue de Paris, une femme déambule sur l’île de Sein. Elle visite le Musée des naufrages. Elle pense au naufrage de nos vies, de nos sociétés.

    Le ciel est immense.– Feurat Alani nous plonge dans les secrets d’une famille irakienne marquée par la disparition mystérieuse d’un oncle pilote dont on parle peu.

    Coyote.– Par Sylvain Prudhomme. Souvent, c’est la vie qui donne l’idée d’un livre. C’est un de ses précédents livres qui conduit l’auteur à faire de l’auto-stop le long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

    Un amour infini.– Par Ghislaine Dunant. Ce roman installe le lecteur au cœur d’une rencontre inattendue de trois jours sur l’île de Ténérife, en juin 1964, bouleversée par un événement tragique.

    La joie de l’ennemi.– Par Julien Delmaire. L’histoire de Jeffrey, un homme solitaire et reclus vivant sur une colline, coupé du monde et rongé par les addictions. Il n’a qu’un seul ami, Seymour, un cow-boy Noir et taiseux. Conseillé seulement pour les grands lecteurs, car particulièrement sombre.

    Du verre entre les doigts.– Par Alix Lerasle. Écrit en vers libres. La narratrice est une petite fille qui a un petit frère pas comme les autres. Elle essaie de comprendre l’histoire de sa famille dysfonctionnelle, de ce petit frère. Que cachent tous les silences autour de cette histoire ?

    Plouhéran.– Par Isabel Del Real. Roman graphique (dessins en noir et blanc et texte). Une jeune fille, dans la période de la crise sanitaire du covid, part à bicyclette de Plouër-sur-Rance à Téhéran (d’où Plouhéran). Elle fait des tas de rencontres tout au long de son itinéraire.

    AUTEURS ET AUTRICES

    Éric Orsenna.– Voyages aux pays nomades. Éric Orsenna, alias Éric-Émile-Léonce Arnoult est un écrivain et académicien français né le 22 mars 1947 à Paris.

    Michèle Lesbre.– Naufrage(s). Née le 25 novembre 1939 à Tours, est une écrivaine française vivant à Paris. Toujours dans la maison d’éditions Sabine Wespieser. Après avoir fait du théâtre dans des troupes régionales et enseigné dans les écoles, elle se consacre à l’écriture.

    Feurat Alani.– Le ciel est immense. Feurat Alani est un journaliste, grand reporter français d’origine irakienne né le 5 décembre 1980 à Paris. Il est également écrivain. Il est lauréat du prix Albert-Londres en 2019 pour son livre Le Parfum d’Irak.

    Sylvain Prudhomme.– Coyote. Né en 1979 à La Seyne-sur-Mer. Sylvain Prudhomme vit à Arles. Ses livres sont traduits dans plusieurs langues. Il collabore chaque mois, depuis 2015, à la chronique « Écritures » du quotidien Libération. Sylvain Prudhomme est le lauréat 2019 du prix Femina et du prix Landerneau des lecteurs pour son roman Par les routes.

    Ghislaine Dunant.– Un amour infini. Née à Paris le 21 juin 1950 d’une mère française et d’un père suisse. Elle a reçu le Prix Femina essai en 2016 pour Charlotte Delbo, la vie retrouvée (Grasset) et le Prix Michel Dentan en 2008 pour Un effondrement (Grasset).

    Julien Delmaire.– La joie de l’ennemi. Julien Delmaire est poète, romancier et écrit pour le théâtre. Depuis plus de quinze ans, il déclame des poèmes sur scène, en France et dans le monde. Il anime des ateliers d’écriture dans les écoles, les prisons, et les hôpitaux psychiatriques.

    Alix Lerasle.– Du verre entre les doigts. Née en 1998. Alix Lerasle a obtenu le prix de poésie de la vocation 2022 pour son recueil Faut-il des murs pour faire une maison ? publié aux éditions Cheyne. En 2024, elle publie son premier roman Du verre entre les doigts, totalement écrit en vers libres.

    Isabel Del Real.– Plouhéran. Née à San Francisco le 1er janvier 1997 d’une mère bretonne et d’un père espagnol, Isabel Del Real, 25 ans, a le voyage dans le sang. Celle qui a grandi à Plouër-sur-Rance s’est lancée, en 2021, dans un grand périple à vélo en solitaire, entre les Côtes d’Armor et Téhéran. 15 000 km et un roman graphique plus tard, elle vit aujourd’hui sur les bords de Rance, pour lesquels elle nourrit un profond attachement.

    SUR CE BLOG
    Jeu 11.09.2025. Littérature. Auteurs et autrices en odeur de terroir🛈
    Nous étions six, au Domitys de Morlaix, à assister à la présentation d’auteurs de romans du terroir par deux bibliothécaires. Audience petite, mais de qualité !…

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  • Marché de Noël et chorale Zaï Zaï Academy à Domitys

    Vidéo, 3mn 53s. La chorale Zaï Zaï Academy à Domitys. Mer 3.12.2025. © Jeff Saby.

    Début des animations de fin d’année à Domitys Ker Madiou. Le marché de Noël a envahi la résidence. Acheté deux sachets de pâtes de fruit au stand du Téléthon 2025. Au restaurant, à l’heure de l’entracte quotidien, une partie de la chorale Zaïzaï Academy de Plourin-lès-Morlaix a présenté un récital de chansons de circonstance, en breton et en français.

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  • Saint Nicolas, le père Noël de l’Est

    Saint Nicolas, le père Fouettard et l’âne (► L’Est Républicain, édition Nancy)

    Vers le XIe siècle après Jésus-Christ apparait une légende qui se développe particulièrement dans les régions franco-allemandes, les pays nordiques et de l’Est. Elle concerne trois « innocents » proté­gés par saint Nicolas qu’un malentendu littéraire a transformés en trois enfants.

    UNE HISTOIRE SALÉE
    L’hiver approchant, ces trois enfants, partis glaner dans les champs se perdent. Attirés par une lumière venant d’une maison, ils frappent à la porte. L’homme leur ouvre. C’est Pierre Lenoir (Peter Schwartz dans la culture germanique), un boucher qui accepte de les accueillir pour la nuit et qui les tue après leur entrée. Il les coupe en menus morceaux pour en faire un petit salé et les met dans un saloir. Saint Nicolas, chevauchant son âne, passe par là. Il frappe à la porte. L’homme, n’osant pas rejeter l’évêque, le convie à dîner. Son invité lui demande du petit salé. Le boucher comprend qu’il est démasqué et avoue tout.

    NAISSANCE DU PÈRE FOUETTARD
    Le saint homme étend alors trois doigts au-dessus du tonneau, reconstituant et ressuscitant les trois enfants. Il enchaine le boucher à son âne pour le punir. Celui-ci devient le père Fouettard dont le rôle sera de réprimander les enfants désobéissants, violents et irascibles. Vêtu de noir, cagoulé, portant barbe noire, il est tout l’opposé de saint Nicolas, visage ouvert, portant barbe blanche, habillé des vêtements colorés des évêques et tenant, pour l’ico­no­graphie, une crosse, dorée à l’origine, puis rouge et blanche, ce qui le rapproche du père Noël actuel.

    LA TRADITION CONTINUE
    La fête de Saint-Nicolas se pratique encore aujourd’hui dans l’Est et dans plusieurs pays d’Europe. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, saint Nicolas passe dans les maisons pour apporter des friandises aux enfants sages : des fruits secs, des chocolats, des gâteaux et de fameux grands pains d’épices façonnés à son image, dont les papilles des exilés se souviennent à vie. Il est accompagné du père Fouettard, chargé de punir les enfants qui n’ont pas été sages. Dans la foulée, le 6 décembre des défilés populaires sillonnent les rues avec distribution de bonbons aux enfants, défilés parfois assor­tis de chars, souvent suivis d’un feu d’artifice.

    MUTATION EN PÈRE NOËL
    Dans les pays autres que ceux cités plus haut on fête le père Noël à la date de la naissance de Jésus-Christ, inconnue mais fixée au 25 décembre dans le calendrier grégorien, à la fin du XVIe siècle.
    Personnage légendaire, le père Noël serait né de la transformation du personnage de saint Nicolas. Bien qu’il en conserve des élé­ments, comme sa générosité et son esprit de don, son caractère religieux s’est estompé et il est devenu un emblème du consu­mé­risme dans de nombreux endroits.

    Raconté par Catherine Caroff

    Vidéo, 2 mn 2 s. « Ils étaient trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs… ». Source : ► https://youtu.be/4iRwNQYnE90

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  • Animal!? : une exposition de chefs-d’œuvre à Landerneau

    À nouveau, nous voici entre les murs labyrinthiques du FHEL (Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la Culture), à Landerneau. Cette fois, le thème proposé, « Animal!? », nous fait savoir par sa double ponctuation qu’outre le plaisir des yeux et l’intérêt de la technique, il y aura matière à juger et à s’interroger quant à la motivation des artistes.
    En effet, d’entrée une suite de toiles s’opposent, les unes offrant la vision édénique d’une femme à l’aube de sa création, les autres montrant des scènes cruelles de cannibalisme. Entre ces deux excès, il nous est rappelé que Darwin a démontré que l’homme et l’animal, selon leur milieu, ont subi les lois de l’évolution. Et bien sûr, on commence à méditer, passant devant des tableaux illustrant des théories relevant de l’imaginaire à évocation de l’homme à l’état sauvage ou bien présentant un zoomorphisme exagéré, comme un prélude aux théories racistes.
    Passons plutôt au rayon des animaux de compagnie. Humour douteux ? La série débute par une grande toile où, allongé et avachi au travers d’un lit froissé, dort un homme maigre, hirsute, obscène, devant qui s’agglutinent des admiratrices, une multitude de chiens, de chats qui semblent nous fixer, étonnés peut-être. Plus loin sous un vol d’oiseaux suspendus, apparemment sans intérêt, nous constatons vite qu’un savant éclairage projette sur le mur leurs ombres en silhouettes et des scènes fantasmagoriques et inquiétantes.
    Nous changeons d’ambiance, là où l’homme et l’animal s’identifient et c’est dans la mythologie que l’artiste puise l’inspiration, ainsi un peintre comme Véronèse et sa toile « Léda et le cygne » ou bien un sculpteur comme Bourdelle et ses impressionnants « Centaure » et « Minotaure ». Le panthéon grec a généré tant de chefs-d’œuvre et d’exemples de ces hybrides mi-homme, mi-animal.
    Que penser des bizarres compositions d’Arcimboldo, assemblages de figures animales pour aboutir à un portrait.
    Inquiétante, l’araignée (Spider, 1994) de Louise Bourgeois, mais quel plaisir de voir le chien efflanqué, semblant nous ignorer, de Giacometti.
    Déjà terminée cette visite ? Impensable, alors que dans la préhistoire il décorait le mur des grottes (art pariétal) et que depuis il a été représenté en peinture comme en sculpture en abondance, nous n’avons pas vu ici notre plus belle conquête : le cheval ! J’ai piaffé de contrariété.

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  • Littérature. Auteurs et autrices en odeur de terroir

    Nous étions six dans la salle de séjour de Domitys Ker Madiou à assister à la présentation d’écrivains par Gaelle Brien et Isabelle Pérez, de la bibliothèque de La Boissière, à Morlaix. Audience petite, mais de qualité ! Le sujet du jour ciblait les romans du terroir et les romans paysans.

    DEUX GENRES LITTÉRAIRES PROCHES.
    Le roman du terroir a pris racine au Québec, comme mouvement de résistance à la culture anglo-saxonne du reste du Canada. Il avait pour thèmes la terre, la famille, la religion (souvent catholique) et la défense de la langue française. Chez nous le roman du terroir partage les mêmes valeurs de résistance à la modernité, de fidélité à la terre paternelle et de glorification de la vie rurale.
    Le roman paysan, parfois considéré comme un sous-genre du roman du terroir, est plus réaliste et plus ancré dans une région précise. Il idéalise moins la vie rurale et rend davantage compte de ses difficultés, dépeignant parfois les tensions sociales entre modernité et traditions locales. Marcel Pagnol, par exemple, donne une image de la campagne peu valorisante.

    EN ATTENDANT SIGNOL
    Christian Signol plait autant par les thèmes qu’il aborde (ruralité, terre, mémoire, transmission) que par son style accessible et chaleureux. Il excelle dans les souvenirs d’enfance, les récits familiaux et sa description lyrique des paysages. Il est l’auteur qui « sort le plus », parole de bibliothécaire. À voir la précipitation de ses fans pour se procurer son dernier livre, on mesure leur impatience quand celui-ci tarde à arriver. Gaelle Brien nous présente des romans qui peuvent permettre de combler l’attente.
    Dans Le Temps et la Paille, Jean Anglade met en scène un homme de plus de quatre-vingts ans, veuf, isolé dans son village de Cournon-d’Auvergne, abandonné de ses trois enfants. Avec l’aide d’un jeune voisin, il recourt à internet pour se faire adopter comme grand-père. Une merveille littéraire qui traite de la solitude des personnes âgées.
    Le cachot de Hautefaille de Marie-Bernadette Dupuy, publié en 2009, est un roman qui mélange habilement les genres du fantastique et du policier. Une journaliste en vacances dans les Highlands, près du Loch Ness en Écosse, rencontre un couple de jeunes mariés québecois en voyage de noces, Sarah et Jérémie. Sarah est troublée par des visions qui semblent liées aux tragédies du passé. De retour au Québec, les dangers ne font que commencer…
    Dans Un bouquet de dentelle, Marie-Paul Armand nous plonge dans l’univers de la dentelle de Calais, au XIXe siècle, sur fond de lutte des classes. Une jeune ouvrière, Léonie, va devoir affronter les épreuves de la vie et les secrets de sa famille.
    La Fille de la fabrique, de Georges-Patrick Gleize, baigne aussi dans le monde du travail. En 1960, Gaston Maréchal, patron autoritaire d’une faïencerie à Martres-Tolosane, près de Toulouse, est retrouvé noyé après une partie de pêche. Quatre ans après, sa fille Monique, espérant se consoler d’un récent veuvage, revient au pays et prend les rênes de l’entreprise familiale. Mais elle se heurte à la méfiance des employés et à l’hostilité du contremaître.
    Dans le roman de Jean-Paul Malaval, La belle étrangère, c’est Clara, fille d’immigrés italiens auxquels le vieux Maximin Maringot a décidé de céder sa propriété, dont ils sont les métayers depuis 1930. Au lendemain de la Libération, dans ce petit village de Corrèze, cela est perçu comme une trahison. Une intrigue qui évoque l’immigration, l’exil et la peur de l’autre. Des thèmes qui résonnent avec l’actualité.
    Entre l’Alsace et la Lorraine, Là où nait l’espoir, d’Élise Fischer, se penche sur le destin de deux enfants, Édouard et Reine, nés dans la tourmente de la dernière guerre. Un temps éloignés l’un de l’autre, ils se retrouvent cinquante ans après le conflit et décident d’affronter ensemble les spectres du passé.
    Saga familiale dans la région d’Aigues-Morte, Les Couleurs de l’oubli, de Christian Laborie, est l’histoire d’un couple heureux, Emma et Florian. Il a réchappé au naufrage du Titanic, mais pas la sœur jumelle d’Emma. Jusqu’à l’arrivée, quatorze ans plus tard, d’un troublant Italien, Vincenzo, fuyant le fascisme. Amour et réveil de secrets au milieu des salins camarguais.
    Dans La Terre blessée, Alain Paraillous relate le combat de l’homme contre les forces de la nature. Le 24 janvier 2009, la tempête Klaus a détruit les serres et ravagé les cultures de Christian, petit-fils et fils d’immigrés italiens qui ont travaillé dur sur cette terre du Sud-Ouest. Terre qu’il s’est évertué à entretenir et moderniser. Les jours suivants, avec les aides fournies par l’État, il entame la reconstruction de son exploitation. Puis viennent l’abattement et la remise en question.
    Dans Du même bois, publié en 2024, Marion Fayolle brosse le tableau d’un monde rural en disparition. Elle raconte l’histoire de trois générations d’une famille d’éleveurs dans une ferme ardéchoise. Son idée est que humains et animaux ressentent des choses, sont du même bois, même si les seconds n’ont pas la parole pour les exprimer.

    APPARENTÉS TERROIR.
    Isabelle Pérez, qualifiée de « ma chef » par Gaelle, nous a ensuite présenté cinq « romans tout courts » proches de la thématique des romans du terroir.
    Dans L’Annonce, paru en 2010, Marie-Hélène Lafon raconte l’histoire d’Annette qui répond à la petite annonce de Paul et emménage avec son fils à sa ferme du Cantal, dans un logement séparé de celui des oncles et de Nicole. Il lui faut s’adapter à cet environnement… Un roman proche des Profils paysans de Raymond Depardon. Cet extrait donne une idée du style : « La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait ».
    Serge Joncour était inconnu lorsque la bibliothèque de Morlaix l’avait reçu après la parution de son premier roman, UV. Aujourd’hui, détenteur de nombreux prix littéraires, il est franchement reconnu. L’Amour sans le faire, publié en 2012, adapté au cinéma en 2019 par Jessica Palud sous le titre Revenir, raconte l’histoire de Franck, meurtri par la vie, qui revient dans la ferme de ses parents après dix ans d’absence. Il y retrouve Louise et le fils de Louise, Alexandre, 5 ans, qui a le même prénom que son frère disparu. Leur relation évolue doucement, et les trois partagent des moments de complicité, créant ainsi une sorte de famille improvisée. Serge Joncour est passé maître dans l’art de saisir les émotions.
    Dans L’Homme qui plantait des arbres, écrit en 1953, Jean Giono raconte sa rencontre, en 1913, avec un berger des Alpes provençales qui a transformé une lande désertique en un paradis vert. On sait aujourd’hui que ce récit pour « faire aimer à planter des arbres » est une fiction. Le livre est considéré comme un manifeste de la cause écologique.
    Le camp des autres, de Thomas Vinau, paru en 2017, est un roman historique. Au début du XXe siècle, Gaspard, un jeune garçon fuit dans la forêt avec son chien. Blessé, il est recueilli par un homme mystérieux. Ils rejoignent un groupe de rebelles. Gaspard va alors apprendre à survivre et à s’épanouir dans un monde hostile.
    Le Champ est le nom du cimetière d’une petite ville fictive autrichienne, Paulstadt. Dans ce roman très original de Robert Seethaler, ce sont les morts qui racontent leur histoire. La vie tourne autour des figures locales : le maire, la fleuriste, le facteur, le curé dévoré par les flammes dans l’incendie de l’église, le marchand de légumes…

    Auteurs et autrices

    Jean Giono.– Né le 30 mars 1895 à Manosque où il est mort le 8 octobre 1970. Ses œuvres, souvent ancrées dans le monde paysan provençal, abordent des questions uni­ver­selles sur la condition humaine.

    Jean Anglade.– Né le 18 mars 1915 à Escoutoux (Puy-de-Dôme) et mort à 102 ans, le 22 novembre 2017 à Clermont-Ferrand. Le chantre de l’Auvergne.

    Marie-Paul Armand.– Née le 14 août 1946 à Leforest dans le Pas-de-Calais et morte le 7 octobre 2011 à Woignarue dans la Somme. La vie ouvrière dans le Nord-Pas-de-Calais.

    Alain Paraillous.– Né le 5 janvier 1947 à Saint-Pierre-de-Buzet (Lot-et-Garonne), dans la maison qu’il habite au­jourd’hui, où tous ses aiëux son nés. Son camp n’a jamais cessé d’être celui de la terre.

    Christian Signol.– Né en 1947 aux Quatre-Routes-du-Lot, dans le Quercy, qui inspirera plus tard toute sa littérature. L’auteur qui « sort » le plus, révèle Gaelle Brien, de la bi­bliothèque de la Boissière, à Morlaix.

    Christian Laborie.– Pseudonyme de Christian Van Duynslaeger. Né en 1948 à Tourcoing. Ses romans sont ancrés dans sa région d’adoption, les Cévennes.

    Élise Fischer.– Née le 13 juillet 1948 à Champigneulles et morte le 25 décembre 2023 à Baccarat. Traitait des gens ordinaires de Lorraine.

    Jean-Paul Malaval.– Né le 30 décembre 1949 à Brive-la-Gaillarde. Inspiration corrézienne mais aussi bordelaise, lyonnaise et du sud de la France.

    Georges-Patrick Gleize.– Né à Paris en février 1952, fils de la comédienne Andrée Laberty. Publie un roman d’histoire chaque année, prenant pour cadre les Pyrénées et le grand Sud.

    Marie-Bernadette Dupuy.– Née à Angoulême le 30 octobre 1952. Aborde avec un immense succès les genres les plus variés : biographies historiques, polars, romances, litté­ra­ture régionale. Connue dans le monde comme la reine française des sagas familiales.

    Serge Joncour.– Né le 28 novembre 1961 à Paris mais a grandi dans le Lot-et-Garonne. Dépeint avec justesse les relations humaines, la solitude, la perte, la mémoire et l’identité. Nombreux prix littéraires dont le Fémina en 2020.

    Marie-Hélène Lafon.– Née le 1er octobre 1962 à Aurillac. Son œuvre est en partie consacrée au Cantal dont elle est originaire. Lauréate de nombreux prix littéraires dont le prix Goncourt de la nouvelle en 2016 et le prix Renaudot en 2020.

    Robert Seethaler.– Né le 7 août 1966 à Vienne (Autriche). Écrivain, scénariste et acteur autrichien. Partage son temps entre Berlin et Vienne. Un des écrivains de langue allemande les plus importants de sa génération.

    Thomas Vinau.– Né le 26 septembre 1978 à Toulouse. Vit dans le Lubéron. Raconte le quotidien et l’intime. Écrit en prose, en vers, sur des livres faits main ou des boîtes d’allumettes. Romans plutôt courts. Amour pour la poésie.

    Marion Fayolle.– Née le 4 mai 1988 à Saint-Sauveur-de-Montagut (Ardèche), est une dessinatrice de presse, illustratrice, autrice de bande dessinée et romancière. Histoire d’une ferme ardéchoise dans « Du même bois ».

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